vendredi 3 avril 2020

Paris Violence - L'éternité Voire Un Peu Plus


[Couplet 1]
La folie comme garde-fou
Met du baume à nos inquiétudes
Et on abandonnerait tout
Plutôt que notre solitude
Loin des ressacs, loin des marées
On change en or notre tristesse
Apprendre à ne rien partager
Est la première des sagesses

[Refrain]
Je ne donnerai rien, qu’à moi-même et aux miens
Si l’affaire est injuste tant mieux, c’est tout vu
Car au moins nous possédons l’ultime vertu
Celle de se compter sur les doigts de la main

[Couplet 2]
Qu’ils sont infimes, vus d’en haut
Ces insectes qui gesticulent
Ignorant l’éclat des vitraux
Et la beauté des crépuscules
Face à la marée de cloportes
Hargneux dans leur médiocrité
Restent les verrous de nos portes
Et nos vieilles fidélités

[Refrain]
Je ne donnerai rien, qu’à moi-même et aux miens
Si l’affaire est injuste tant mieux, c’est tout vu
Car au moins nous possédons l’ultime vertu
Celle de se compter sur les doigts de la main

[Couplet 3]
Certains ont franchi les tropiques
Et on bâti des cathédrales
Eux creusent des fosses sceptiques
Au moins le partage est égal
Et ils vendraient jusqu’à leur cul
Pour vingt centimes, baffe en sus
Nous, sous réclamons notre dû :
L’éternité, voire un peu plus !

[Refrain]
Je ne donnerai rien, qu’à moi-même et aux miens
Si l’affaire est injuste tant mieux, c’est tout vu
Car au moins nous possédons l’ultime vertu
Celle de se compter sur les doigts de la main

[Outro]
L'éternité voire un peu plus
L'éternité voire un peu plus...

jeudi 2 avril 2020

Paris Violence - L'ombre Au Tableau



[Couplet 1]
Qui me souhaitera bonne nuit
Quand je descendrai au tombeau
Ai-je seulement trois amis
Prêts à dépanner d’un euro ?
Je ne compte plus sur grand’ monde
Rien de bien trop inattendu
Et bien loin que je m’en morfonde
La réciproque est bienvenue

[Refrain]
La seule ombre au tableau c’est le tableau entier
Un revers sans médaille, un envers sans décor
Au moins on finira comme on a commencé
Et on en sourira le jour de notre mort

[Couplet 2]
L’amour ne m’a jamais déçu
Pour la simple et bonne raison
Que je n’en ai rien attendu
Il est de sages précautions
L’amitié m’a semblée plus vraie
Le choix n’était pas très malin
Car c’était trop vite oublier
Qu’un ami reste un être humain

[Refrain]
La seule ombre au tableau c’est le tableau entier
Un revers sans médaille, un envers sans décor
Au moins on finira comme on a commencé
Seule consolation qui tienne un peu encore

[Couplet 3]
Si être seul est exécrable
Ne pas l’être le lui rend bien
À trop fréquenter ses semblables
On se prend à aimer les chiens
Comme Ferdinand pourquoi pas
Ne parler qu’à son perroquet
Mais c’est bavard ces bêtes-là
Et c’est plus joli empaillé

[Refrain] x2
La seule ombre au tableau c’est le tableau entier
Un revers sans médaille, un envers sans décor
Au moins on finira comme on a commencé
Cette logique-là au moins n’a jamais tort

mercredi 1 avril 2020

Paris Violence - Paris 5°, Années 90



Couplet 1]
Dans le bas Mouffetard, station Paris-Village
Comment être à la fois au Fer et au Moulin ?
J’ai vécu des années sur l’étrange rivage
Aux berges de béton, d’un cours d’eau souterrain
Un kébab à midi, midi à 18 heures, pour l’expresso
Saint Médard guidera bien nos pâles humeurs jusqu’au bistrot

[Refrain]
Quatre ans, dix ans, cent ans, si loin
De mon vieux chez moi parisien
Ils coulent encore sur mes nerfs
Les étranges remous de l’obscure rivière

[Couplet 2]
Place du Panthéon dans le petit matin
Se lève l’aube grise des débuts d’hiver
Étudiant dilettante, quelques cours en main
J’hésitais entre Kant et la première bière
Les portails du Lucos aux quatre coins ouverts, des Sorbonnards
Comparant les rapines chipées à Gibert rayon beaux arts

[Refrain]
Quatre ans, dix ans, cent ans, si loin
De mon vieux chez moi parisien
Ils coulent encore sur mes nerfs
Les étranges remous de l’obscure rivière

[Couplet 3]
Dimanche humide et froid sur le jardin des plantes
D’ici à Austerlitz, même brouillard épais
Pas vraiment réchauffé par le thé à la menthe
On longe les façades de la rue Cuvier
Arènes de Lutèce et Monge sous l’orage, les volets claquent
On insulte les bus nous trempant au passage à chaque flaque

[Refrain]
Quatre ans, dix ans, cent ans, si loin
De mon vieux chez moi parisien
Ils coulent encore sur mes nerfs
Les étranges remous de l’obscure rivière